L'invocation divine comme marqueur générique


(soumis en 2020), Les Etudes Classiques

Résumé. — Cette étude, partant du constat que les invocations divines du grec ancien, du type νὴ / μὰ τὸν Δία (« par Zeus ») sont très inégalement réparties selon les auteurs, montre que cette variabilité d’attestation s’explique parce qu’il s’agit de marqueurs génériques. Au niveau macro-textuel, ces invocations divines caractérisent les textes dialogiques. Une étude sur corpus centrée sur le genre oratoire montre qu’elles sont exclues de l’éloquence épidictique. Au niveau micro-textuel, elles signalent, dans le corpus oratoire, tout décrochement énonciatif par lequel l’orateur engage un dialogue fictif avec son auditoire, avec des différences selon que l’invocation divine recourt à νή ou à μά.

Abstract. — Starting from the observation that invocations to the gods in Ancient Greek (e.g. νὴ / μὰ τὸν Δία, “by Zeus”) are very unevenly distributed among authors, the study shows that this diversity of attested uses is best explained by their function as generic markers. At the macro-textual level these invocations to gods characterize dialogical texts. A corpus study taking into account the oratory corpus shows that they are excluded from epidictic eloquence. At the micro-textual level, in the oratory corpus, they signal any enunciative disconnection by which the speaker engages in a fictitious dialogue with his audience, in a different way depending on whether gods are invoked with νή or μά.

Remaniement de la communication présentée lors de la journée d'études Formes linguistiques et genres de textes, à l'université de Liège, en octobre 2015.